Le 24 rue de Seine

 

Photo du 24

Photo du 24 rue de Seine

L’immeuble du 24 rue de Seine  est de construction ancienne (XVIIe siècle), qui fut remanié au XVIIIe. Elle est intéressante tant par son âge que par ses habitants puisque la maison qui était à cet emplacement avait été construite par Jean Cousin le père, un des peintres les plus talentueux du XVIè siècle.

1538-11541. Gilles Le Maistre et Pierre Dumont

En 1538, Gilles Le Maistre, futur premier président du Parlement de Paris,  se vit accorder par le cardinal de Tournon, abbé de Saint-Germain-des-Prés, un terrain d’un arpent et demi en compensation de certaines spolations qu’il avait subies (voir l’histoire de la rue de Seine). En 1541, Pierre Dumont se porta acquéreur d’une portion de 14 toises de large sur la rue de Seine et 40 toises de profondeur bordant la rue des Marais. Il était chevaucheur des écuries du roi donc la charge de porter les messages du souverain, responsabilité certes fatigante et même parfois périlleuse mais qui permettait d’être exempté du service guêt et surtout de la taille…

Pierre Dumont garda un temps une partie du terrain et en morcella le reste.

1541-1585. Jean Cousin père et fils

Pierre Dumont vendit une partie de terrain qui bordait la rue de Seine de 8,5 toises de côté à Jean Cousin, maître peintre, par acte du 12 février 1542 (n.st.)

Jean Cousin venait de Soucy près de Sens où il avait acquis une certaine notorité tout d’abord comme arpenteur-géomètre puis comme peintre sur verre1. Il devint par la suite un des plus grands maître peintre de son temps. Sa plus grande oeuvre picturale fut le Jugement dernier. Quant à l’art de la sculpture qu’il exerçait aussi il lui revient le mérite de la tombe de l’amiral Chabot

Dès la signature du contrat de vente2

 

Il était venu de la région de Sens marié à Christine Rousseau qui lui donna au moins 7 enfants :

Jean le jeune, Marie épouse d’Etienne Bouvier apothicaire à Sens, Colombe femme de Jean Dauxonne, Madeleine unie à Pierre Dufour maître armurier, Isabelle mariée à Girard de Camps aussi maître armurier, Barbe qui s’installa à Nuremberg avec son mari Elie Lincre marchand orfèvre et enfin Guy .

Jean Cousin père est encore vivant en 1558 puisqu’on le voit témoin à Sens au mariage d’une de ses nièces. À cette époque il terminait son ouvrage Traité de Perspective. Il mourut vraisemblablement ainsi que sa femme  avant 1561, date à laquelle une de ses filles mineurs a pour tuteur Jean Dauxonne son beau-frère.

L’hôtel de la rue de Seine était grand puisqu’il fut divisé en 3 parties par les héritiers de Jean Cousin le père.

  1. la tradition lui attribue les vitraux des chapelles de Saint-Eutrope et de Notre-Dame-de-Lorette de la cathédrale de Sens []
  2. A.N. ; M.C. ; XLIX/16, vente par Pierre Dumont à Jean Cousin du 12/02/1542 (n.st.), impatient sans doute d’avoir une maison à lui, il s’adressa à Jean de Lespine pour construire un grand hôtel en plusieurs bâtiments avec cour et jardin clos de murs ((A.N. ; M.C. ; VI/14, marché du 16/02/1543 []
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